Rencontre avec Patrick Berthelot

Né le 9 janvier 1960 à Lyon 7ème, Patrick BERTHELOT obtient son 6ème dan en 2015 et pratique le judo depuis 50 ans.

Patrick Berthelot

La famille de Patrick habite à Vénissieux. A l’âge de 8 ans, sa mère l’inscrit au judo club de l’Amicale Laïque de Parilly à Vénissieux dont Laurent FERRA est le professeur. Etant très timide, il commence la pratique avec appréhension sur le tatami. Par la suite, il prend plaisir à se dépenser physiquement. Ses premières compétitions ont lieu lors de rencontres interclubs, durant lesquelles il s’épanouit pleinement. Patrick aime la confrontation, pouvoir se mesurer aux autres et possède l’esprit de compétition. Ces qualités, Patrick les a développées pendant les stages minimes organisés par René NAZARET et Michel CHARRIER. La philosophie judo arrivera plus tard.
Adolescent, il est en grande difficulté sur le plan scolaire et il cherche sa voie. Son professeur Laurent FERRA lui dit, « Il serait mieux pour toi de passer ton temps au judo plutôt que dans la rue ». Patrick est d’accord et l’aidera pendant les cours.

Coté champions, il est très impressionné par le Japonais Shozo FUJII lors d’un entrainement à Gerland. Comme judoka français, il apprécie Bernard TCHOULLOUYAN et Marc ALEXANDRE. En 1977, il obtient son 1er dan au palais des sports de Gerland. En 1978, son CAP lui permet de travailler dans une entreprise de miroiterie. 2ème dan en 1981, il participe à deux championnats de France (senior) au stade de Coubertin.
Son dernier podium est 3ème inter-région en -65kg en 1982-83. Il obtient son 3ème dan en 1984. Gaucher, il a dû sans cesse s’adapter pendant l’apprentissage et Maxime NOUCHY lui apportera l’expérience d’une garde mixte. Par la suite, Patrick utilisa cette facilité en randori en s’adaptant au partenaire. Ses mouvements préférés sont les techniques d’épaules comme morote seoi nage. Mais une blessure au dos l’oblige à modifier son judo et Uchi Mata devient son « TOKUI WAZA ».

Passionné par le judo, il démissionne de son travail, prend des cours de remise à niveau afin de passer les différents examens et il réussit le Brevet d’état 1° judo en 1986. A partir de ce moment, il enseigne à la MJC de Pierre Bénite pendant 6 ans et à l’Amicale Laïque de Vaulx en Velin, encore aujourd’hui. Il continue sa progression et obtient le 4ème dan en 1987. Coté enseignement, il donne des cours aux instituts médico éducatif Jean Bourjade et l’Oiseau blanc. Cette expérience lui permet de mettre en place des méthodes adaptées aux personnes handicapées. Il sera d’ailleurs responsable de la commission handicap de la Ligue du Lyonnais sous la Présidence d’André QUILES. Il interviendra également avec les écoliers à l’USEP à Vaulx en Velin et à Lyon. En 1993 à Paris, il finit ses 50 derniers points du 5ème dan. A 33 ans, c’est sa dernière compétition officielle.
Patrick se souvient « C’est le grade dont je rêvais car c’était celui du personnage de fiction Docteur Benjamin Justice paru dans l'hebdomadaire Pif Gadget en 1970 ».
Patrick aime apprendre et se forme continuellement. En 1995, il devient arbitre régional. Il reçoit la Palme d’or le 13 juin 2006. Il participe régulièrement aux stages de région, nationaux, soit en tant qu’arbitre, soit comme professeur ou comme responsable de la commission judo handicap. Il participe aussi à des stages organisés par des clubs de la région lyonnaise en judo et jujitsu.

Pourtant Patrick n’envisage pas de passer le 6ème dan. Mais en 2014, il est le partenaire d’un de ses élèves Stéphane MICOLLET pour le 5ème dan à Paris. Cette aventure et la demande de ses élèves lui font changer d’avis. Dès lors, il consacrera près d’une année et demi pour espérer porter la ceinture rouge et blanche.
Il sera conseillé et accompagné par ses amis judokas : Gilles ORENES, Marc PERARD et Pierre BLANC. Malgré des doutes après un stage à Boulouris sur le koshiki No Kata, il retrouva la confiance en s’entrainant encore plus. En novembre 2015 à l’INSEP de Paris, il reçoit les félicitations pour sa prestation avec ses 3 partenaires et anciens élèves.
Ce jour-là, il partage son bonheur avec ses amis et sa femme Nicole qui a été pratiquante de judo et d’autres arts martiaux. Son fils Adelin, lui-même ceinture Noire, et son club qui l’a soutenu, étaient très contents aussi. Pour Patrick, c’est la reconnaissance par ses pairs.

Patrick fait partie de ces enseignants qui ne laissent personne indifférent, judokas, parents, bénévoles du club. En effet, ces élèves et amis disent qu’il dégage une bienveillance bien réelle. Le code moral, il essaie de le faire comprendre au dojo mais aussi dans la vie de tous les jours. Il a, en plus de ses compétences techniques, la faculté de se mettre au niveau de tous ses élèves. D’une part, il rassure les débutants avec une pédagogie individualisée, et d’autre part, il entraine et accompagne les compétiteurs. Au club, il n’hésite pas à intervenir dans les autres cours pour aider ses collègues professeurs comme Jacques POISSON, Eric MICOLLET et Sébastien DEVILLAINE. Il aime également suivre l’évolution des jeunes jusqu’au cours des « grands ». Cet intérêt, les judokas même petits le sentent et est un facteur de motivation pour eux.

La ceinture Noire, pour Patrick, est un passage très important avec les katas qui sont garants de la transmission des traditions. D’ailleurs, il dit souvent « Je prends beaucoup de plaisir à faire le Nage No Kata et le Kime No Kata ».
A propos des compétitions, « Un judoka peut très bien s’épanouir et obtenir sa ceinture Noire sans faire de compétition mais il passera forcément à coté de quelque chose ». Ce qu’il aime dans le judo, « c’est l’opposition et la possibilité de vaincre sans faire mal à l’autre ».

Aujourd’hui, il est encore motivé à organiser des stages pour les petits de son club. Il aime également se former « Le judo est tellement riche que, 1er ou 6ème dan, on découvre toujours des techniques et de nouvelles formes ». Il apprécie aussi ses fonctions de juge à la fédération « Cela me permet de prendre le pouls du niveau des judokas ».

Patrick a bien d’autres activités surtout en altitude. Passionné par la montagne, il a fait de nombreux sommets en famille, de la spéléologie et surtout du parapente. Il aime faire découvrir la nature à ses amis en Chartreuse où il se ressource. Il a ces qualités humaines qui forcent le respect de ceux qui le côtoient. Il donne sans rien demander en retour.

Propos recueillis le 20 février et le 1er juin 2017 par Fernando Munoz.